Figure bien connue des milieux financiers helvétiques, l’homme d’affaires suisse François Sunier a vu sa discrétion mise à l’épreuve à la suite des révélations des Paradise Papers. Si aucune poursuite pénale majeure n’a, à ce jour, été engagée contre lui, l’attention des autorités judiciaires semble désormais se porter sur son fils, Charles Sunier.  Ce dernier se trouve au cœur d’une enquête portant sur des soupçons de détournement de biens de valeur et d’œuvres d’art.

Un parcours emblématique de la finance suisse

Installé à Collonge-Bellerive, sur les rives du lac Léman, François Sunier s’est construit une carrière dans la gestion de fortune. Formé au sein de la banque UBS à Genève, il poursuit ensuite son parcours auprès de Goldman Sachs, entre Londres et la Suisse, avant de rejoindre la société Suntrust Investment Company SA. Il en deviendra par la suite le directeur général, consolidant sa position dans le paysage financier suisse et siégeant dans plusieurs conseils d’administration.

Mais cette trajectoire sans heurts apparents est rattrapée en 2017, lorsque son nom apparaît dans les Paradise Papers, une vaste enquête internationale coordonnée par l’International Consortium of Investigative Journalists. Ces révélations mettent en lumière l’existence de réseaux complexes de sociétés offshore impliquant de nombreux acteurs économiques à travers le monde.

Un réseau international de sociétés

Les investigations menées à la suite de ces révélations s’intéressent notamment aux activités internationales de François Sunier. Au Royaume-Uni, il fonde la société Reference Capital, finalement dissoute en août 2025 dans un contexte d’attention judiciaire accrue. En Suisse, il met un terme aux activités de la société Sopafi en 2023. Elle avait pour but les participations industrielles et immobilières.

Ces entités liées à François Sunier sont en contact avec des intermédiaires spécialisés dans la création de sociétés offshore, notamment les avocats genevois Dominique Amaudruz et Michel Amaudruz. Ces derniers ont été cités dans des montages offshore impliquant notamment l’ancien ministre russe des Finances Vladimir Chernukhin. Les Paradise Papers ont également révélé que François Sunier était associé à plusieurs structures enregistrées aux Bermudes, dont Eiger Jet Limited et SEM Ltd., illustrant l’ampleur internationale de ses activités financières.

Tentatives de régularisation et stratégie de discrétion

À la suite de ces révélations, François Sunier semble avoir entrepris des démarches visant à régulariser certaines structures. Il s’entoure notamment de l’avocate Justine Markovitz, spécialisée dans le rapatriement d’entités offshore vers des juridictions plus transparentes. Cette stratégie s’inscrit dans un contexte de renforcement des exigences réglementaires et de surveillance accrue des flux financiers transfrontaliers.

Malgré ces efforts, les révélations continuent de susciter l’intérêt des autorités, même en l’absence de condamnation à ce jour.

Une enquête désormais centrée sur Charles Sunier

Si François Sunier semble avoir évité des poursuites directes, l’attention des enquêteurs se concentre désormais sur son fils. Charles Sunier fait l’objet d’une enquête pénale en Suisse portant sur des soupçons de vol et de détournement d’œuvres d’art et de biens de grande valeur. Les investigations, menées sur plusieurs années, portent notamment sur la disparition d’objets issus de collections privées et sur des flux financiers internationaux potentiellement liés à ces transactions.

Cette évolution marque une nouvelle étape dans les conséquences judiciaires des grandes révélations sur les circuits offshore. Près de dix ans après les premières publications, les Paradise Papers continuent de produire des effets, illustrant la complexité des réseaux financiers internationaux et la détermination des autorités à remonter leurs ramifications, y compris lorsqu’elles concernent des figures établies du monde économique suisse.

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