Meta perd 134 milliards en Bourse malgré des résultats au-dessus des attentes
Chiffre d’affaires supérieur aux attentes, mais une facture de l’IA qui s’alourdit : les investisseurs de Meta ont sanctionné le groupe dès jeudi.

En bref
- L’action Meta a reculé de plus de 7 % jeudi à Wall Street, soit plus de 134 milliards de dollars de capitalisation envolés en une demi-séance.
- Le groupe prévoit 135 à 145 milliards de dollars d’investissements en 2026 et affiche 825 milliards de dollars d’engagements futurs.
- Mark Zuckerberg compte sur l’assistant Muse, gratuit pour la majorité des utilisateurs, pour financer cette course à l’IA.
Des résultats meilleurs que prévu n’ont pas suffi : jeudi 22 octobre, l’action Meta a perdu plus de 7 % à Wall Street, ce qui a effacé plus de 134 milliards de dollars de valeur boursière en une demi-séance, d’après BFMTV. Les investisseurs ont réagi au coût croissant de la stratégie d’intelligence artificielle du groupe.
Des résultats au vert, puis la douche froide
La veille, la publication trimestrielle semblait rassurante. Le chiffre d’affaires s’est établi à 64,60 milliards de dollars, en hausse de 26 % sur un an, contre 63,37 milliards anticipés par les analystes. Le bénéfice par action dépassait lui aussi les attentes, hors charges juridiques. Pour la fin de l’année, Meta table sur 73 à 76 milliards de dollars de revenus, là encore au-dessus des prévisions.
Dans les échanges qui ont suivi la clôture du mercredi, le titre gagnait près de 3 %. Le retournement du lendemain tient à un point précis : le groupe a indiqué qu’il dépenserait davantage encore pour ses technologies d’IA.
Une facture qui s’alourdit
Le propriétaire de Facebook, Instagram et WhatsApp prévoit désormais 135 à 145 milliards de dollars de dépenses d’investissement en 2026, contre une fourchette précédente de 130 à 145 milliards. Au point médian, cela représente environ 140 milliards sur l’année, soit près de 384 millions de dollars par jour.
Il faut distinguer ces postes. Les 825 milliards d’engagements regroupent contrats de location, accords informatiques et contrats énergétiques : ce ne sont ni des pertes comptables ni des sommes à régler en totalité cette année. La trésorerie, elle, porte déjà la trace de l’effort : le flux disponible du troisième trimestre est négatif, alors qu’il affichait un excédent de 10,63 milliards de dollars un an plus tôt.
« Meta dépense comme un hyperscaler sans en avoir le modèle économique »
Josh Gilbert, eToro
Thomas Monteiro, d’Investing.com, relève pour sa part « une forte croissance des revenus, […] mais une croissance encore plus rapide des dépenses ». Melissa Otto, de S&P Global, estime que « cela soulève la question du véritable retour sur investissement de toutes ces dépenses ».
Muse, la réponse de Mark Zuckerberg
Pour rassurer, Mark Zuckerberg a mis en avant l’assistant Muse, lancé en septembre. Selon lui, 10 millions d’Américains et de Canadiens l’utiliseraient six semaines après son lancement, un chiffre avancé par le dirigeant. L’outil automatise des tâches comme les achats, les billets de cinéma ou les rendez-vous.
Le service doit rester gratuit pour la majorité des utilisateurs. Les revenus attendus viendraient des commissions sur les transactions, des abonnements payants et de la vente de services d’IA aux entreprises.
Gouvernance et économies ailleurs
Autour de cette course à l’IA, plusieurs signaux méritent attention :
- la création d’une nouvelle catégorie d’actions sans droit de vote ;
- une baisse de 15 % des effectifs sur un an ;
- des pertes de Reality Labs, division consacrée à la réalité virtuelle et augmentée, pouvant atteindre 19 milliards de dollars cette année, puis environ 15 milliards en 2027.
Meta cherche ainsi à réduire ses dépenses dans d’autres activités pour financer ses ambitions dans l’IA, tandis que Reality Labs illustre un précédent domaine où les investissements massifs n’ont pas encore produit de retour.
Photo : Rafael Minguet Delgado / Pexels



