Un euro versé aux universités crée 2,7 € d’activité locale dans les territoires
Sur six universités et 206 000 étudiants, le programme In Situ chiffre l’effet local de la dépense publique, porté surtout par la consommation étudiante.

En bref
- Le programme In Situ a été déployé en 2025 sur les six universités de l’association L’initiative.
- Il doit couvrir plus de dix universités d’ici la fin de 2026.
- La subvention pour charge de service public pèse près de 70 % du budget des universités.
- L’analyse a été diffusée en amont du Congrès 2026 de France Universités, tenu le 15 octobre.
Pour chaque euro de subvention publique versé à une université, environ 2,7 euros d’activité économique irriguent les territoires concernés. Ce multiplicateur, présenté par les auteurs comme vérifié dans toutes les universités où le calcul a été mené, provient du programme In Situ (Investigation socio-économique sur l’impact territorial des universités), dont les résultats ont été exposés par The Conversation France le 11 octobre 2026. Il vaut toutefois pour un périmètre précis, et non pour l’ensemble du réseau universitaire français.
Ce que mesure le multiplicateur de 2,7
Le calcul porte sur les six universités membres de l’association L’initiative, qui accueillent ensemble 206 000 étudiants. Sur ce champ, l’impact total avoisine 4 milliards d’euros, soit environ 0,13 point de PIB. Pour obtenir le ratio, les chercheurs ont rapporté cet impact à la subvention pour charge de service public, la dotation de fonctionnement versée par l’État. La moyenne de 2,7 masque des écarts : selon l’établissement, le multiplicateur oscille entre 2,3 et 3,4.
Le moteur principal n’est pas l’université elle-même. Près de 80 % de l’effet passe par la consommation des étudiants, installés à proximité de leur lieu d’études.
D’où vient l’argent, et où il est dépensé
Trois catégories d’acteurs alimentent ces flux. L’établissement engage des dépenses de fonctionnement et d’investissement. Ses personnels consomment là où ils vivent, en logement, en transport et en achats courants. Les étudiants, enfin, sont des consommateurs, et certains perçoivent un salaire lorsqu’ils suivent une formation en alternance.
Côté financement, l’État reste prépondérant. La subvention pour charge de service public, instaurée en 2001, constitue l’essentiel des ressources des établissements. Les collectivités participent aussi à l’effort consacré à l’enseignement supérieur et à la recherche : entre 2018 et 2021, la région en a assuré 67 %, aux côtés des communes, des intercommunalités et des départements.

Gustave-Eiffel, un effet concentré autour du campus
L’étude pilote menée sur l’Université Gustave-Eiffel montre que les retombées se concentrent fortement autour du lieu d’implantation. À chaque échelle géographique, le territoire le plus proche capte une part de l’effet emploi bien supérieure à son poids dans l’emploi.
| Territoire | Échelle de référence | Part de l’effet emploi captée | Part des emplois de référence |
|---|---|---|---|
| Champs-sur-Marne | Communauté d’agglomération Paris-Vallée de la Marne | 30,5 % | 12,5 % |
| Paris-Vallée de la Marne | Département | 34,9 % | 17 % |
| Seine-et-Marne | Région Île-de-France | 40,2 % | 8 % |
Une méthode plus fine que les études antérieures
Mesurer l’empreinte économique d’une université n’est pas nouveau. Le champ remonte à l’étude américaine de Caffrey et Isaacs, parue en 1971, avant de s’étendre à l’Europe puis à la France. Ces travaux séparent les effets directs et indirects, estimés de façon quasi comptable, des effets induits, calculés à l’aide de modèles d’inspiration keynésienne.
In Situ exploite des données de gestion exhaustives, localisées commune par commune, complétées par des enquêtes et des simulations. Sa méthode harmonisée permet de comparer les établissements entre eux.
Les approches classiques affichent des multiplicateurs régionaux allant de 1 à 7 selon les études. Elles s’appuient le plus souvent sur des données agrégées et des tableaux entrées-sorties à grande échelle, qui empêchent de suivre précisément les flux de dépenses.
Le chiffre de 2,7 reste donc attaché aux six établissements étudiés et ne peut être étendu à toutes les universités françaises. Les effets de l’enseignement et de la recherche sur la compétitivité, eux, échappent à ce calcul. Le programme doit s’élargir à plus de dix universités d’ici la fin de 2026, ce qui fournira de nouveaux points de comparaison.
Photo : George Pak / Pexels



